Andres Manniste: Quelques mots...

À la fin des années 1990, j’ai voulu créer des peintures qui abordaient la différence entre voir une image à un écran d’ordinateur et une image peinte à l’huile à partir d’une impression numérique. Les logiciels de manipulation d’image ligne par ligne m'a fait réfléchir. J’ai compris que je disposais d’un outil qui pouvait me donner un contrôle précis du contenu figuratif d’une peinture, même avant de peindre. Les premiers éléments que j’ai saisis de la culture des réseaux sont le souci du sujet recherché dans Internet et les dimensions physiques accrues de mon œuvre  (Hélixx, 1996).

Le monde a bien changé du temps où j'étudiais l'art. J’ai découvert que je ne peux plus porter de jugements qualitatifs des images fondés sur les principes que j’ai appris à l’école, car à l’écran d’ordinateur, elles me semblent toutes identiques. J’ai constaté qu’il se faisait du très bon travail à partir de l'atelier quotidiennement, partout dans le monde, parfois en multiple. En présence aux grands nombres d'images sur le réseau, mes tableaux me semblaient anodins. À la base je suis un producteur de culture, je devais donc changer mon plan d’affaires.

Toutefois, ayant reçu ma formation au cours des années 1970, je tenais encore aux matériaux et à l’atmosphère de l’atelier. Par la peinture, j'ai choisi explorer la confusion créée par la disponibilité abondante d'information. Avec le projet Phasis (2002), j’ai fait des tableaux à propos de tableaux où j’ai fabriqué un artifice des oeuvres du musée à la fois en échelle et en contenu.

J'ai travaillé à partir de photos numérisées et je les ai travaillées. Je me suis également remis à l’eau-forte et à la sérigraphie. En même temps, je m’occupais davantage de ce qui se produisait à l'ordinateur; pas uniquement au niveau de l’interface graphique, mais aussi par apport l’architecture des logiciels même. J’avais compris que le réseau électronique pouvait être perçu comme un modèle dynamique de pensée. J'ai constaté que les idées qui circulaient sur le réseau étaient adaptées et assimilées par d’autres personnes qui partageaient Internet. J’ai commencé à travailler directement avec Internet (Phasis, 2004, lien vers Rhizome artbase) J’ai senti que cette expérience ressemblait à ce que je faisais à l’atelier, sauf que les matériaux et les dimensions physiques du travail devenaient des idées abstraites dans un espace virtuel. C’est à ce moment que j’ai compris que je n’avais pas à me limiter à une matière en particulier pour exprimer mon expérience dans le monde qui m’entoure.

J’avais commencé à travailler sur une série de peintures intitulées Fossil à même temps que Phasis. En fait, je crois que je travaille encore sur les mêmes idées. Ces peintures m’ont ramené aux gestes que je posais à mes débuts de ma pratique professionnelle.
(untitled, 1973)

J’appliquais des points ressemblant à des confettis pour m'affirmer ontologiquement. Je traitais des objets simples, comme une fleur qui éclot le temps d’une journée (Dayflower, 2001).

N'importe quel objet que je crée, peut être considéré un fossile. Pendant que je travaille le processus de la peinture elle-même devient mon passage à la pensée. Peindre une surface lisse couverte d'un tourbillon des confettis était logique pour le genre d'enquête que je faisais. Chaque tache de peinture correspondait à mon sens de présence. J'ai toujours pensé que la couleur est subjective et peut être appliquée au hasard. J'ai enterré mes images avec des couches de peinture. Les tableaux se réfèrent à la qualité granuleuse des images médiatisées. Mon interface avec l'ordinateur et le réseau m'a également influencé car j'ai réalisé que les images n'ont pas besoin d'être limitées par des bords (Syntagma, 2000).

Lorsque je travaille, je pense à mon sens d'être. Je peux dessiner n'importe quoi et le processus même, décompose et simplifie les détails de la réalité en points discrets de couleur.

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frontenac
phasis
phasis2
Hélixx (1996)
cliquer pour agrandir
dayflower
Phasis, 2002
plaques
eclipse
syntagma
sausage
Dayflower (2001)
Syntagma (2000)
untitled (1973)

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